| COULEUR | CÉPAGES PRINCIPAUX | CÉPAGES SECONDAIRES | |
|---|---|---|---|
| ROUGE | Grenache noir (60-70 %) Syrah (20-30 %) Mourvèdre (10-20 %). | Cinsault Carignan Counoise. | |
| LE STYLE Avec accords Mets Vin | Puissant, tanins fondus, arômes de fruits rouges (griotte, mûre), épices (poivre, réglisse). Accords mets : viandes grillées, tajines, fromages affinés. | ||
| BLANC | Vermentino (Rolle) Ugni Blanc Bourboulenc Clairette Grenache Blanc. | Roussanne Marsanne Viognier. | |
| LE STYLE Avec accords Mets Vin | Frais, floral, notes d’agrumes et de fruits blancs. Accords mets : poisson, salades, apéritifs. | ||
| ROSÉ | Grenache noir Cinsault Syrah. | Mourvèdre Counoise. | |
| LE STYLE Avec accords Mets Vin | Frais, fruité, notes de fraise et de framboise. Accords mets : Salades, grillades légères, tapas. | ||
| PRODUCTION TOTALE/AN | Environ 20 000 hl/an. | ||
| NB DE DOMAINES | 150 domaines environ. | ||
| SOLS DOMINANTS | Galets roulés, argiles rouges, calcaires. | ||
| CLIMAT | Méditerranéen, chaud et sec, avec des nuits fraîches. | ||
| RELIEF | Collines et plateaux, altitude 100-400 m. | ||
| POTENTIEL DE GARDE | Rouge : 5 à 15 ans (20 ans pour les meilleurs millésimes). Blanc : 2 à 5 ans. Rosé : 1 à 3 ans. | ||
DEUX MILLÉNAIRES DE PASSION
L’histoire de Gigondas est gravée dans son nom même : issu du latin Jucunditas, il signifie « joie et allégresse ». Une promesse qui remonte à l’Antiquité, lorsque les soldats de Jules César plantèrent les premières vignes sur ce terroir solaire.
Au Moyen Âge, ce savoir-faire se perfectionne sous l'aile de l'Église. Les moines et les prélats imposent une rigueur nouvelle, transmettant de génération en génération l'art de cultiver ces terres escarpées.
Le XIXe siècle marque un tournant grâce à Eugène Raspail. Savant et vigneron, il est le premier à cartographier la richesse géologique du village, révélant au monde le potentiel exceptionnel de ses crus. Cette quête d'excellence trouve son apogée en 1971 : Gigondas accède officiellement au rang de Cru, rejoignant l'élite des vins de la Vallée du Rhône.
UNE MOSAÏQUE DE TERROIRS
L’originalité de Gigondas réside dans sa diversité géologique, fruit d'un soulèvement tectonique exceptionnel mêlant des sédiments des ères secondaire, tertiaire et quaternaire. On y distingue cinq grandes familles de terroirs :
• Terrasses alluviales de l’Ouvèze : sols caillouteux et argileux apportant de la puissance.
• Cône de la Font des Papes (terroir géologique de l'AOC datant du Quaternaire, il y a environ 450 000 ans): éboulis calcaires et sables créant des vins charnus et souples.
• Sables et Safres (Miocène) : matériaux fragiles favorisant des arômes de fruits rouges et de garrigue (thym, laurier).
• Marnes et Calcaires du Crétacé : situés en altitude (Vallon de la Romane), ils apportent de la fraîcheur et des notes de fruits noirs mûrs.
LIRE LA SUITE• Éboulis calcaires des reliefs : mélange de marnes et de pierres offrant perméabilité et complexité aromatique.
Ce relief induit un microclimat frais. L'exposition Ouest/Nord-Ouest protège les vignes des chaleurs excessives, tandis que le Mistral assainit naturellement les grappes.
LES CÉPAGES EMBLÉMATIQUES
À Gigondas, le Grenache Noir est le roi incontesté. Sous l'ombre protectrice des Dentelles, il mûrit lentement pour offrir aux vins leur corps, leurs tanins soyeux et un grand potentiel de garde. Pour les rouges comme pour les rosés, il représente au moins la moitié de l'assemblage. Il s'entoure de la Syrah pour l'éclat de la couleur, du Mourvèdre pour les notes épicées et, parfois, du Cinsault pour une touche de fruit délicate.
La grande nouveauté vient des vins blancs, officiellement reconnus depuis 2023. Ici, c'est la Clairette Blanche qui domine (70 % minimum). Mariée au Bourboulenc ou au Grenache Blanc, elle donne naissance à des cuvées lumineuses, alliant fraîcheur et finesse.
EN ROUGE, BLANC OU ROSÉ : TROIS COMPAGNONS PARFAITS
Des saint-jacques juste snackées, nacrées et iodées sur leur lit de fenouil confit, appellent le blanc dont la fraîcheur saline allège l’onctuosité du mollusque ; une volaille fermière rôtie à la peau croustillante, garnie d’abricots secs et d’amandes torréfiées, trouve dans le rosé une complice qui répond point par point à ses fruits confits et à son amande ; et un agneau de sept heures, si fondant qu’il se défait à la fourchette dans un jus aux herbes de Provence, épouse le rouge dont les tanins soyeux enrobent la viande tendre sans jamais l’écraser.
































