10 | Interview
Entretien avec
Jérôme Bultez,
organisateur des
Vinéa Days Morocco
Vision de VINÉA, potentiel du marché marocain, positionnement des vins de France et programme des rencontres 2026 : Jérôme Bultez présente la démarche qui relie les vignobles français aux professionnels et aux gastronomes du Royaume.
Quelle est la vision de VINÉA ?
VINÉA est née de la volonté de créer un lien direct et lisible entre les vignobles français et les marchés internationaux d’Afrique, et du Maroc essentiellement. Notre rôle, en lien avec les producteurs de vin en France, vignerons et coopératives, est avant tout un rôle de passeur : transmettre l’histoire, le terroir et l’intention du vigneron à travers différentes AOC et différents terroirs de France.
La qualité des vins présentés est essentielle pour nous, une priorité. Même si les quantités en volume sont faibles au Maroc, nous constatons que le public devient de plus en plus exigeant, intéressé par la découverte de nouveaux produits de qualité et sensible à l’environnement, notamment pour les vins issus de l’agriculture biologique et de la biodynamie.
Un marché avec des quantités relativement faibles. Alors pourquoi le Maroc ?
En volume, oui, le Maroc est pour la France un marché relativement faible. Mais c’est un marché à fort potentiel, structuré, avec des professionnels très qualifiés et une vraie culture du vin. Le Maroc produit aussi du vin et dispose d’organismes très compétents comme l’ONSSA, qui vérifie le contrôle sanitaire et la qualité des produits importés. Au niveau du public, il existe une véritable curiosité et une exigence qui correspondent parfaitement à l’ADN de VINÉA.
Le Maroc est aussi une terre d’accueil portée par un très fort développement du tourisme. Outre la proximité avec la France, près de 30 millions de visiteurs sont attendus pour la Coupe du monde de football, dont le Royaume est coorganisateur en 2030.
Tout n’est toutefois pas si simple : le marché est complexe, avec une concurrence de produits venant essentiellement d’Espagne, souvent en vrac et de moindre qualité. Bien qu’il n’y ait pas de droits d’importation, la taxe intérieure à la consommation de 1 550 dirhams à l’hectolitre constitue également un frein pour notre grossiste importateur. Globalement, hors frais logistiques, les produits importés sont taxés à environ 60 %.
Pouvez-vous nous donner un aperçu du marché des vins et des boissons alcoolisées au Maroc ainsi que votre positionnement ?
Le marché des boissons alcoolisées au Maroc est porté essentiellement par la bière et sa distribution via quelques acteurs locaux. Le vin et les spiritueux sont secondaires. Leur distribution repose essentiellement sur ces acteurs, qui livrent quotidiennement et en petites quantités les épiceries, cavistes, bars, restaurants et hôtels.
Quant à VINÉA, notre positionnement se situe sur des AOC Premium et des IGP à des prix abordables. Nous proposons également, sur commande et en lien avec les sommeliers d’établissements prestigieux, un accompagnement allant du sourcing de vins prestigieux au suivi de commande, au groupage et à la livraison au Maroc. En quelque sorte, un service « du Vignoble à la Table ».
Pour vous, que représentent
les VINÉA Days au Maroc ?
C’est un moment de rencontres. Au-delà des vins, nous voulons créer du dialogue, partager des expériences, accompagner durablement les acteurs locaux et sensibiliser le grand public par plusieurs actions.
Pour l’édition 2026, nous organisons trois événements phares à Marrakech, Casablanca et Tanger. En lien avec notre importateur grossiste et distributeur pour la logistique, nous invitons les professionnels du secteur : distributeurs, épiceries, cavistes, hôtels-restaurants, grandes surfaces titulaires de licences, sommeliers membres de l’Association des Sommeliers du Maroc, producteurs et domaines viticoles marocains. Une trentaine de vins exclusivement en AOC et IGP de France leur seront présentés.
La présence des vignerons français est essentielle pour démontrer la qualité de leurs vins et leur passion pour leur terroir.
Avec Mickaël Rodriguez, président de l’Association des Sommeliers du Maroc et ancien sommelier de La Mamounia, nous organisons également des masterclass sur le vin, les cépages, les assemblages et les pratiques viticoles.
Et pour le grand public, organisez-vous des événements ?
Dans chaque ville, nous présentons les vins chez quelques cavistes spécialisés, avec des présentoirs de qualité consacrés aux produits, aux terroirs et aux AOC encore peu connus au Maroc.
En lien avec la venue des vignerons, nous organisons également trois soirées sous forme d’apéritifs dînatoires dans une sélection de restaurants du Royaume. Des guides par région viticole présentent les AOC, les terroirs, les sols, les climats, les cépages et les assemblages : une façon détaillée de faire découvrir 14 régions viticoles et plus de 270 appellations françaises.
Notre objectif ultime est de servir les vignobles de France aux tables du Maroc, un Royaume qui est aussi le paradis des gastronomes. Et bien sûr, tous les médias sont cordialement invités.
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