Dans ce nouvel épisode de Vinéa, nous rencontrons Jean-Baptiste Mangin, maître d'œuvre du Château des Coccinelles, un domaine bio emblématique de la vallée du Rhône. De son arrivée par le plus pur des hasards à la maîtrise d'un terroir façonné par le vent et le soleil, il nous dévoile les secrets d'une viticulture passionnée. Entre défis climatiques, évolution des goûts des consommateurs et ouverture à l'export, plongée au cœur d'une aventure viticole où la coccinelle porte bonheur.
Vinéa : Bienvenue dans Vinéa, le podcast de la Vigne à la Table. Mon invité aujourd'hui s'appelle Jean-Baptiste Mangin. Il est vigneron et supervise l'ensemble des opérations, de la production jusqu'à la commercialisation des vins du Château des Coccinelles, un domaine viticole bio situé dans la vallée du Rhône, à Domazan, près d'Avignon. Bonjour Jean-Baptiste, bienvenue dans Vinéa. Dites-moi pour commencer, comment êtes-vous devenu vigneron ?
Jean-Baptiste Mangin : Alors, c'est le fruit du hasard. Moi, je suis Lorrain d'origine, je suis né à côté de Vittel et Contrexéville, des villes d'eau. C'est original ! J'ai connu ma femme à la fac, à Toulon, dans ma jeunesse. Et un jour, elle m'a amené chez elle, au domaine, au Château des Coccinelles. L'histoire a fait que je me suis installé sur place, pas en tant que vigneron au début, mais j'y vivais. Je suis quelqu'un de curieux par nature, donc je donnais des coups de main, j'écoutais, je regardais.
Puis, par hasard, il y a une vingtaine d'années (ou un petit peu moins), un des deux frères qui s'occupait du domaine a décidé d'arrêter pour partir aux États-Unis vendre des maisons et se lancer dans l'immobilier. Du coup, il y avait une place à prendre. Son autre frère, avec qui je commençais à travailler en partenariat (j'étais allé chez lui pendant un an sur Paris et il m'avait dit : "on apprend à se connaître, à travailler ensemble, et dans un an on cherche une boîte à acheter"), m'a annoncé que son autre frère voulait vendre ses parts. Il m'a regardé droit dans les yeux et m'a dit : " Alors, est-ce qu'on n'aurait pas trouvé la boîte ? " C'est arrivé complètement par hasard.
Avant qu'on parle de votre métier et du vin, à l'occasion des Vinéa Days Morocco, des événements B2B organisés par Vinéa Pro France (spécialisée dans le sourcing de vin pour grossistes, importateurs, cavistes, restaurants et hôtels), vous allez être présents ici au Maroc. Vous allez présenter vos produits avec d'autres vignerons d'AOC françaises à des professionnels et au grand public. Qu'attendez-vous de ces rencontres ? C'est une occasion très directe de faire connaître votre production, votre région et votre métier.
C'est exactement ça. C'est faire découvrir qu'il n’y a pas que des grands groupes, qu'il existe aussi des vignerons capables de faire de très bons vins à l'export ! Nous, on travaille déjà au Maroc avec du rouge, mais c'est aussi l'occasion de faire découvrir nos blancs, nos rosés, nos cuvées un peu spécifiques comme les cuvées sans soufre. On parlait du rouge d'été, un rouge qu'on boit quand il fait chaud, la cuvée Rouge Rubis... L'idée est de développer d'autres produits pour faire découvrir à nos amis marocains la richesse de notre gamme. Celle qu'on va présenter ici, c'est la gamme caviste-restaurant.
En fait, c'est votre gamme préférée ?
Oui, c'est la gamme du Vigneron. Elle s'appelle tout simplement "Château des Coccinelles" et se décline en trois couleurs : le rouge, qui est déjà présent actuellement, ainsi que le blanc et le rosé. Ce sont plutôt des vins à boire quand il fait 35 degrés.
On a aussi la cuvée Signargue , qui représente nos meilleurs terroirs. Ce sont des galets roulés qui se trouvent sur la partie nord. Il se trouve qu'on est à côté de Châteauneuf-du-Pape et on est sur ce même terroir de galets roulés ; le Rhône, à l'époque, avait charrié ses galets jusqu'chez nous.
Après, on a deux petites cuvées : la cuvée Élitre, qui est une cuvée sans soufre, et la cuvée Rouge Rubis pour les rouges légers et rouges d'été. Et aussi deux nouvelles cuvées surprises : ce sont des blancs chardonnay qui sont en fait des vins désalcoolisés.
Revenons chez vous, dans votre belle région. Quelle est votre définition à vous de ce métier de vigneron ? J'ai regardé dans le Larousse, c'est simple : c'est la personne qui cultive la vigne et qui fait du vin.
C'est ça, oui. En fait, pour moi c'est un métier bien sûr passionnant – on parle souvent de métier-passion – mais c'est un métier complexe parce qu'il est multiple. Vous avez bien sûr la production du raisin, et on est à la base agriculteur. C'est du végétal, c'est lié à la nature, au climat, aux intempéries, aux marchés, puisqu'il faut aussi s'adapter à la clientèle.
Ensuite, il y a la vinification : il faut choisir la date de la récolte. C'est un moment un petit peu sensible, mais palpitant. Tout va se décider en quelques semaines. La partie suivante, c'est la transformation de ce jus de raisin en vin. C'est là où la patte du vigneron apporte le plus de choses. Et puis derrière, il y a l'élevage, les soutirages, la mise en bouteille, la commercialisation et la partie administrative (je ne vous cache pas que ce n'est pas celle que je préfère). C'est un métier complexe, on fait plusieurs métiers en réalité.
Il y a un point qui est peut-être un peu plus technique là-dedans, c'est la vinification. Comment avez-vous appris ça ?
Alors, c'est un peu ce qui me faisait le plus peur au début. J'ai eu la chance d'avoir un salarié quand je suis arrivé qui m'a donné confiance. On n'est jamais seul quand on vinifie : on a des gens sur place, des œnologues conseils qui viennent en général deux fois par semaine et qui vous apportent un œil neuf, un œil extérieur.
Le plus gros problème de la vinification, c'est que si vous comparez à n'importe quel autre métier, quelqu'un qui produit ou travaille dans un domaine, au bout de plusieurs mois ou un an, il aura fait les choses des centaines de fois. Il sera quasiment expert au bout de six mois car il aura fait les choses de façon répétitive. La vinification, c'est une seule fois par an. Quelqu'un qui a 20 ans d'expérience, il a 20 vinifications. C e n’ est rien du tout à l'échelle d'un autre métier !
Il y a trois éléments importants chez vous, les vignerons : le temps, la météo, le climat, la terre et la vigne. Quel rapport entretenez-vous avec ces éléments-là ?
Le premier, c'est la météo. Globalement, c'est la seule chose qu'on ne maîtrise pas et qu'on ne pourra jamais maîtriser. Quelque part, je pense que c'est quelque chose qui nous rend humble. On fait des choses extraordinaires, on va sur la Lune, l'intelligence artificielle nous sort des choses hallucinantes, on va certainement demain pouvoir traiter en drone... Mais il y a une chose que l'humain n'a pas réussi à maîtriser, c'est la météo. Pour un métier comme le nôtre, où en quelques jours tout se décide, c'est capital.
On a la chance dans notre région d'être entre le pont d'Avignon et le pont du Gard. C'est une zone où il y a énormément de vent : 200 jours de vent par an. Il pleut quand même assez peu, on est dans le Sud. Ce sont deux armes incroyables puisqu'en fait, nos ennemis sont des champignons, et il leur faut de l'eau et pas de vent. Tant qu'il fait du vent, le champignon ne veut pas se développer, il sèche. On dit que trois ou quatre jours de vent, c'est comme si on faisait un traitement. Chaque jour de vent, c'est un jour où il n'y a pas besoin de traiter.
Ensuite, on est en culture biologique, on n'a pas de produit de synthèse qui rentre à l'intérieur de la plante. On utilise des produits de contact comme la bouillie bordelaise. Chaque fois qu'il pleut (environ 20 millimètres), on considère que ça a lessivé les produits. Et comme c'est un produit de contact, tout ce qui va pousser après l'application n'est pas protégé. Dès que la plante pousse de 20 centimètres, on considère qu'elle n'est plus protégée, car chaque centimètre de pousse est un endroit où le champignon va pouvoir se développer.
Et le terroir, qu'est-ce que c'est pour vous ?
Souvent, on dit que le terroir, c'est la terre. Le terroir, ce n'est pas uniquement ça. Bien sûr, il y a le sol, la terre, sa pauvreté ou sa richesse, sa qualité : est-ce qu'elle est calcaire, argileuse ? Est-ce qu'elle va retenir l'eau ou la drainer ? Est-ce que c'est du sable ? Le sol est important. Mais le terroir, c'est l'ensemble des choses qui sont autour du sol. Et notamment le vent ! Si on fait du bon vin à Domazan, c'est bien sûr à cause du sol, mais aussi à cause du vent. Le vent nous permet d'avoir une régularité importante.
Une petite anecdote : à chaque fois que vous vous réveillez le matin et que vous voyez de la rosée sur votre voiture, ça ne vous dit rien. Mais nous, la rosée sur la voiture, ça veut dire que dans les vignes, il y a de l'humidité partout, ce qui favorise les maladies. Donc un jour de vent, c'est un jour sans rosée. Le terroir, c'est le sol, mais c'est aussi le vent.
Et le soleil dans tout ça ?
Le soleil, c'est ce qui va faire que la vigne va se charger en sucre à travers ses feuilles. Plus vous avez de soleil, plus le chargement en sucre est important. C'est très bon pour les rouges, ce qui est la spécialité de la vallée du Rhône. Mais vous avez aussi un inconvénient pour les blancs et les rosés, qui manquent souvent un peu de fraîcheur et d'acidité parce que ces jours de soleil détruisent les acides. Le soleil est un point fort, surtout pour le rouge, mais c'est à nous de nous adapter, de protéger notre raisin, de faire en sorte que les feuilles servent un peu de parasol, de les planter dans des endroits un petit peu plus à l'ombre pour garder cette acidité et cette fraîcheur.
Et enfin, la vigne elle-même ?
La vigne, il faut le savoir, c'est une liane. C'est pour ça qu'on la taille. Si vous ne la taillez pas, ça va pousser de plusieurs mètres par an. C'est quelque chose que tous les ans on doit rabattre. Si vous voyez les vignes en plein hiver, ça fait un peu misérable, on a l'impression qu'il n'y a plus rien. C'est comme si vous rabattiez un arbre et que vous coupiez tout ce qui avait poussé dans l'année. C'est de là que vont partir les futurs sarments. La première chose, c'est de limiter le nombre de départs pour avoir un nombre de grappes réduit, afin que l'équilibre entre le feuillage et les raisins soit parfait.
Notamment sur des jeunes vignes : une jeune vigne un peu fougueuse a tendance à vouloir beaucoup se développer et faire énormément de grappes. Mais comme elle est encore frêle et a très peu de feuilles, si vous n'éclaircissez pas (les fameuses vendanges en vert), votre vigne va s'épuiser et le raisin ne mûrira jamais.
Au Château des Coccinelles, vous avez une spécificité : vous produisez des vins bio. Depuis combien de temps êtes-vous engagés dans ce processus ?
Officiellement, le plus vieux document qu'on ait retrouvé qui justifie notre engagement en bio date de 1978. C'était le mouvement Nature et Progrès, qui est né juste à côté, à Avignon.
Mais il faut savoir qu'avant la Deuxième Guerre mondiale, tout le monde était bio, il n'y avait pas de produits chimiques. Le domaine était donc en bio comme tout le monde. Après la guerre, le domaine a décidé de rester en agriculture classique, sans produits chimiques. D'abord parce qu'on s'en méfiait un peu à l'époque, et ensuite à cause du climat dont je vous parlais : il ne pleut pas beaucoup et il y a beaucoup de vent, on avait moins ce besoin de se protéger avec des produits systémiques.
Le mouvement bio a démarré avec des agriculteurs de toute la France. En 1974, ils ont commencé à se réunir pour écrire un premier cahier des charges, déposé au ministère de l'Agriculture à Paris. C'était Jacques Chirac, si j'ai bonne mémoire, qui était le ministre et qui a validé le principe de cette agriculture "biologique". Entre 1974 et 1977, on n'a pas retrouvé de documents, mais aujourd'hui, on peut dire qu'on est en bio officiellement depuis 1978 grâce à notre certificat.
LIRE LA SUITEJean-Baptiste, à votre avis, le consommateur comprend bien ce qu'est un vin bio ?
Je n'en suis pas sûr. Il y a 20 ans, on me posait souvent la question car c'était nouveau. Nous, on est dans un petit village de 1000 habitants avec 20 vignerons, et on était les seuls en bio. Quand les gens venaient goûter, j'expliquais que c'était un produit sans produits de synthèse, avec des produits naturels, qu'on ne désherbait pas chimiquement, pas de pesticides, d'herbicides, etc. Qu'il y a des produits interdits, d'autres autorisés et quelques-uns limités comme les sulfites.
Aujourd'hui, on me pose encore la question, mais c'est plus flou dans leur esprit. Ils savent que c'est un produit naturel, mais on me demande par exemple : "Si votre vigne est contre une route polluée, le vin est quand même bio ou pas ?". Ils ne savent pas vraiment comment on fait.
Comment expliquez-vous cette méfiance ou cette méconnaissance ?
En fait, le bio est un label de qualité, un peu comme une médaille sur votre produit. Quand je suis arrivé en 1996-1997, pour les gens, le vin était déjà un produit naturel. Si vous regardez une étiquette, il n'y a rien de marqué, pas même que ça contient du raisin ! Pour une personne normale, le vin c'est un produit noble.
Sauf que dans les appellations prestigieuses, le prix du raisin est tellement élevé qu'il faut le protéger, voire le surprotéger. C'est un des produits les plus traités en agriculture. Un journaliste m'avait dit à l'époque : " Si on analysait l'eau d'un vin comme si c'était de l'eau du robinet, on aurait des taux 100 fois supérieurs à ce qui est toléré ". C'est pour ça que le bio a tout son sens.
Parlons justement de votre vin. Comment définissez-vous le vin que vous produisez avec votre équipe au Château des Coccinelles ?
Déjà, on est soumis à notre terroir et à notre réglementation. On a l'obligation d'avoir de la syrah, du grenache et du mourvèdre, plus des accessoires comme le cinsault et le carignan. La vallée du Rhône Sud a historiquement un pourcentage de grenache important.
Le grenache, c'est une usine à sucre, une usine à alcool. Dans notre région méditerranéenne, il va apporter énormément de rondeur, de gourmandise, de volume en bouche, et malheureusement un peu d'alcool. On dit souvent qu'avec le grenache, on peut "mâcher" le vin tant il y a de la matière. Cette richesse est contrebalancée par la syrah, qui apporte son acidité, sa fraîcheur et ses tanins (car c'est une petite baie avec un pourcentage de peau et de pépins plus important).
Ce qu'on essaie de faire dans notre rouge, c'est d'avoir cette richesse du grenache, mais avec plus d'élégance. On ne veut pas des vins trop lourds en alcool, en structure et en tanins. On veut des tanins plutôt fondus, quelque chose de plus élégant, presque féminin.
Est-ce qu'à votre avis, il y a une meilleure culture des terroirs chez les consommateurs maintenant ?
Pour un Français, c'est un petit peu compliqué, mais la plupart connaissent les grands axes : ils savent bien qu'un blanc du Val de Loire et un blanc du Languedoc, ça n'a rien à voir. Mais à l'étranger, c'est plus complexe. Beaucoup de pays parlent plus en cépages qu'en appellations. La Bourgogne, c'est une appellation assez vaste qui passe encore, mais sur des petites appellations ou des sous-appellations, c'est plus compliqué à expliquer.
Et les tendances de consommation, ont-elles changé ?
Oui, le blanc se démocratise énormément. Les tendances nous montrent que la consommation de rouge diminue régulièrement, alors que la consommation de blanc va doubler dans les années à venir. Aujourd'hui, notre production de blanc, c'est 10 %, mais elle va continuer à croître. On plante de plus en plus de blanc et de moins en moins de rouge pour s'adapter.
Concernant le rouge, on parle de vins moins tanniques. Aujourd'hui, si je demande à quelqu'un s'il veut un rouge léger ou un rouge puissant, il va me dire "léger". Je lui fais goûter un léger, il l'apprécie. Puis un , un peu plus puissant, il préfère. Puis un encore plus puissant, il adore ! En fait, ils disent vouloir un rouge léger, mais ils apprécient les rouges puissants. C'est juste que sur l'étiquette, quand ils voient "14,5%", ça les fait tiquer. Mais si vous ne leur montrez pas l'étiquette et que vous leur demandez ce qu'ils en pensent, ils vous diront : "Il est bien équilibré, on ne ressent pas l'alcool". C'est ça qui est complexe : les gens veulent une chose sur le papier, mais apprécient autre chose dans le verre.
On parle d'export dans Vinéa. Ce qui me concerne d'ailleurs, c'est que j'ai découvert le Château des Coccinelles chez un caviste à Casablanca, au Maroc. Ça vous fait quoi de voir que vos vins voyagent plus que vous ?
Déjà, ça fait toujours plaisir. En France, le vigneron est respecté, on a une belle aura, mais à l'étranger, c'est dix fois plus. Et en Asie, n'en parlons pas ! C'est toujours valorisant. Et puis, c'est une partie agréable du métier de se délocaliser, d'aider les gens sur place à vendre votre vin, de découvrir des cultures et des manières différentes de déguster. C'est un des nombreux points positifs du métier.
L'export, c'est important économiquement pour un domaine comme le vôtre ?
Alors en fait, notre part d'export va vous paraître assez faible. Et ça s'explique par le fait que quand je suis arrivé au domaine en 1997, c'était juste avant le boom du bio. La conversion bio prend trois ans (c'était même cinq ans au tout début). Quand le boom est arrivé, même ceux qui voulaient faire du bio ne pouvaient pas en vendre avant trois ans. Du coup, on recevait des coups de fil en août : " Monsieur, on veut vous acheter votre vin ". On répondait : " Mais vous ne l'avez même pas goûté ! ". On ne négociait même pas le prix.
On a donc commencé par vendre aux consommateurs les plus proches, les Français, et on a développé des partenariats en France. L'étranger est venu petit à petit par opportunités, via des salons où on rencontre des acheteurs allemands, américains, asiatiques... Notre part d'export est faible, mais on essaie de ne pas avoir tous nos œufs dans le même panier. On vend chez les cavistes, les restaurateurs, à l'export, en direct, sur les marchés... C'est pour diviser le risque.
On va terminer avec vos goûts, c'est la tradition dans ce podcast. Je sais que c'est une question compliquée. Quel est votre vin préféré ?
Déjà, c'est du blanc. J'adore le blanc. Imaginez le drame de ma vie : je suis dans une région de rouges ! Il y a de très bons blancs, mais si je devais choisir une région, ce serait la Bourgogne. Un Bourgogne blanc.
La question est encore plus compliquée : quel est votre vin préféré chez vous, au Château des Coccinelles ?
Moi, c'est le "Château des Coccinelles", tout simplement. La cuvée qui s'appelle sobrement "Château des Coccinelles", qui n'a même pas de nom de cuvée. C'est un vin à base de grenache avec ce côté gourmand, chaleureux, des tanins fondus, une acidité accessible. C'est un vin qui plaît au plus grand nombre, aux nouveaux consommateurs parce qu'il y a moins d'acidité et ce côté gourmand. Il n'a pas de sucre résiduel, mais il y a cette "sucrosité" qui donne la sensation de gourmandise.
C'est un vin qui peut plaire à tout le monde. D'ailleurs, j'appelle ça un "vin de mariage" parce qu'il va avec tous les plats. Et c'est rigolo, plusieurs personnes sont venues m'acheter du vin pour leur mariage. Je disais à quelqu'un : "C'est fou le nombre de gens qui se marient avec mon vin !". Il m'a répondu : "Ben oui, c'est logique, les coccinelles ça porte bonheur". Et c'est vrai, ça porte bonheur !
Merci Jean-Baptiste Mangin.
Merci à vous.
Jean-Baptiste Mangin, vigneron, c'est lui qui supervise l'ensemble des opérations, de la production jusqu'à la commercialisation des vins du Château des Coccinelles, un domaine viticole bio situé dans la vallée du Rhône à Domazan, près d'Avignon. N'oubliez pas, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. Et nous, on se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode de Vinéa, le podcast de la vigne à la table !
Le saviez-vous ?Le vent, premier allié du vigneron bio
Au Château des Coccinelles, situé entre le pont d'Avignon et le pont du Gard, le vent n'est pas qu'une simple donnée météo : c'est un véritable outil de travail. En culture biologique, où les produits de synthèse sont bannis, le mistral et les 200 jours de vent annuels agissent comme un traitement naturel. Ils assèchent l'humidité et empêchent le développement des champignons. Ainsi, chaque jour de vent dispense le vigneron de traitement à la bouillie bordelaise. De plus, le vent chasse la rosée matinale, limitant drastiquement les risques de maladies. Un allié climatique précieux qui garantit la régularité et la santé du vignoble !
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