Un vin superbe. Un domaine d’exception avec un vin vendu en France à 12 € Départ domaine. Au prix rendu Maroc proposé, c’est une bonne affaire.
VALLÉE DU RHÔNE
Château des Coccinelles 2023
Le domaine
Situé sur un ancien lit du Rhône, ce vignoble s’enracine sur l’un des plus nobles terroirs de la région où le puissant mistral balaie un sol argilocalcaire recouvert de galets roulés.
Le Château des Coccinelles fait partie du cercle très fermé des premiers domaines viticoles à avoir obtenu la mention biologique dès 1978. Animé par cette volonté très forte de préserver ses vignes et la nature qui l’entoure, René Fabre choisit de rejoindre l’Association Nature et Progrès.
Ensemble ils verbalisent leurs engagements dans un cahier des charges bio qu’ils feront valider en 1974 par le Ministère de l’Agriculture. Ils seront les précurseurs de l’Agriculture Biologique et les premiers défenseurs d’une viticulture propre et responsable.
LE PODCAST VINÉA
Jean-Baptiste Mangin · Château des Coccinelles
Une rencontre au cœur du domaine et de son engagement historique en agriculture biologique.
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Transcription intégrale légèrement éditée pour faciliter la lecture.
Présentation
VINEA : Vinéa, le podcast, de la vigne à la table. Bienvenue. Mon invité aujourd’hui s’appelle Jean-Baptiste Mangin. Il est vigneron et supervise l’ensemble des opérations, de la production jusqu’à la commercialisation des vins du Château des Coccinelles, un domaine viticole bio situé dans la vallée du Rhône, à Domazan, près d’Avignon. Bonjour Jean-Baptiste. Comment êtes-vous devenu vigneron ?
Jean-Baptiste Mangin : C’est le fruit du hasard. Je suis Lorrain d’origine, né près de Vittel et Contrexéville, des villes d’eau. J’ai connu ma femme à la faculté, à Toulon, dans ma jeunesse. Un jour, elle m’a amené chez elle, au Château des Coccinelles. L’histoire a fait que je me suis installé au domaine. Je vivais sur place, je suis curieux par nature, alors je donnais des coups de main, j’écoutais et je regardais.
Il y a un peu moins de vingt ans, l’un des deux frères qui s’occupaient du domaine a décidé d’arrêter, de partir aux États-Unis et de se lancer dans l’immobilier. Il y avait donc une place à prendre. Je commençais parallèlement à travailler avec son frère, chez qui j’étais allé un an à Paris. Nous avions appris à nous connaître et projetions d’acheter une entreprise ensemble. Lorsque son frère lui a proposé de racheter ses parts, il m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit : « Est-ce qu’on n’aurait pas trouvé notre entreprise ? » C’est donc arrivé complètement par hasard.
Les Vinéa Wine Days Morocco
VINEA : À l’occasion des Vinéa Wine Days Morocco, des rencontres B2B organisées par Vinéa Pro France, vous allez présenter vos produits au Maroc avec d’autres vignerons d’AOC françaises. Qu’attendez-vous de ces rencontres ?
Faire découvrir qu’il n’y a pas que de grands groupes, mais aussi des vignerons capables de faire de très bons vins à l’export. Nous travaillons déjà au Maroc avec du rouge. Nous voulons aussi faire découvrir nos blancs, nos rosés et des cuvées plus particulières : des cuvées sans soufre, des rouges d’été comme Rouge Rubis, ou encore de nouveaux produits.
Nous avons plusieurs gammes. Celle que nous allons présenter est destinée aux cavistes et aux restaurants. C’est ma gamme préférée, la gamme du vigneron : Château des Coccinelles, déclinée dans les trois couleurs, rouge, blanc et rosé. Ce sont des vins agréables à boire même lorsqu’il fait 35 degrés.
Nous avons aussi la cuvée Signargues, issue de nos meilleurs terroirs de galets roulés sur la partie nord. Nous sommes à côté de Châteauneuf-du-Pape, sur ce même type de terroir charrié autrefois par le Rhône. Nous proposons également Élite, une cuvée sans soufre, et Rouge Rubis, un rouge léger d’été. Enfin, deux nouvelles cuvées surprises sont des blancs à base de chardonnay, désalcoolisés.
Le métier de vigneron
VINEA : Quelle est votre définition du métier de vigneron ?
Dans le Larousse, c’est la personne qui cultive la vigne et fait du vin. Pour moi, c’est bien sûr un métier passionnant, mais surtout un métier complexe et multiple.
Il y a d’abord la production du raisin. Nous sommes à la base des agriculteurs, liés à la nature, au climat, aux intempéries et au marché, car il faut aussi s’adapter à la clientèle. Vient ensuite la vinification. Il faut choisir la date de la récolte : c’est un moment sensible et palpitant, où tout se décide en quelques semaines. Puis nous transformons le raisin et son jus en vin. C’est là que la patte du vigneron apporte le plus. Suivent l’élevage, les soutirages, les mises en bouteille, la commercialisation et l’administratif — qui n’est pas ma partie préférée.
VINEA : Comment avez-vous appris la vinification ?
C’est ce qui me faisait le plus peur. J’ai eu la chance d’avoir un salarié qui m’a donné confiance à mon arrivée. On n’est jamais seul quand on vinifie : il y a les personnes présentes au domaine et les œnologues-conseils qui passent généralement deux fois par semaine et nous apportent leur avis.
La difficulté est qu’un professionnel d’un autre métier peut répéter son geste des centaines ou des milliers de fois en quelques mois. La vinification, elle, n’arrive qu’une fois par an. Quelqu’un qui a vingt ans d’expérience n’a finalement réalisé que vingt vinifications. C’est très peu.
La météo, le terroir et la vigne
VINEA : Le temps, la terre et la vigne sont trois éléments essentiels. Quel rapport entretenez-vous avec eux ?
La météo est la seule chose que nous ne maîtrisons pas et que nous ne maîtriserons jamais. Elle nous rend humbles. L’humanité va sur la Lune, l’intelligence artificielle produit des choses extraordinaires et nous traiterons peut-être demain avec des drones, mais nous ne savons toujours pas maîtriser la météo. Dans un métier où tout peut se décider en quelques jours, c’est capital.
On parle beaucoup des vendanges et de la vinification, mais la période d’avril à mi-juin est elle aussi compliquée. Quand il pleut, la vigne pousse, l’herbe aussi, et les champignons cherchent à se développer. En quelques semaines, le destin de la prochaine récolte peut se jouer.
Notre région, entre le pont d’Avignon et le pont du Gard, bénéficie d’environ deux cents jours de vent par an et de peu de pluie. Ce sont deux armes précieuses contre les champignons, qui ont besoin d’eau et d’une absence de vent. On dit que trois ou quatre jours de vent équivalent à un traitement : tant qu’il souffle, le champignon ne se développe pas ou sèche.
En agriculture biologique, nous n’utilisons pas de produits de synthèse ni de produits systémiques qui entrent dans la plante. Après environ vingt millimètres de pluie, nous considérons que la bouillie bordelaise appliquée en surface a été lessivée. Comme c’est un produit de contact, toute pousse apparue après le traitement n’est pas protégée. Dès que la vigne pousse d’environ vingt centimètres, nous estimons qu’elle doit de nouveau être protégée.
Le terroir ne se réduit pas à la terre. Le sol compte — sa pauvreté ou sa richesse, sa part de calcaire ou d’argile, sa capacité à retenir ou drainer l’eau —, mais le vent fait lui aussi partie du terroir. Si nous faisons du bon vin à Domazan, c’est grâce au sol et au mistral. Le vent apporte une régularité importante. La rosée visible le matin sur une voiture est aussi présente dans les vignes ; un jour de vent est un jour sans rosée.
Le soleil permet à la vigne de charger le raisin en sucre grâce aux feuilles. C’est un atout pour les rouges, spécialité de la vallée du Rhône, mais cela peut être un inconvénient pour les blancs et les rosés, qui risquent de manquer de fraîcheur et d’acidité. À nous de protéger les raisins avec le feuillage, comme avec un parasol, et de planter dans des endroits plus frais ou ombragés.
La vigne est une liane. Si on ne la taille pas, elle pousse de plusieurs mètres par an. Chaque hiver, nous la rabattons et limitons le nombre de départs pour équilibrer le feuillage et les grappes. Les jeunes vignes sont fougueuses et produisent volontiers beaucoup de grappes alors qu’elles ont encore peu de feuilles. Sans vendanges en vert pour supprimer une partie des raisins, elles s’épuiseraient et les raisins n’arriveraient pas à maturité.
Un domaine biologique depuis 1978
VINEA : Depuis quand le Château des Coccinelles est-il engagé dans l’agriculture biologique ?
Le plus ancien document officiel que nous ayons retrouvé date de 1978. C’est le premier certificat attestant que le domaine est bio, délivré par le mouvement Nature & Progrès, né tout près d’ici, à Avignon.
Avant la Seconde Guerre mondiale, tout le monde travaillait sans produits chimiques. Le domaine a choisi de rester dans cette agriculture classique, notamment parce que la famille se méfiait de ces produits et parce que notre climat, peu pluvieux et très venteux, réduit le besoin de protections systémiques.
Le mouvement s’est structuré avec des agriculteurs de toute la France. Dès 1974, ils se sont réunis pour écrire un premier cahier des charges, ensuite déposé au ministère de l’Agriculture. Jacques Chirac était alors ministre. Entre 1974 et 1977, nous n’avons pas retrouvé de document, mais nous pouvons officiellement dire que nous sommes certifiés bio depuis 1978.
VINEA : Le consommateur comprend-il bien ce qu’est un vin bio ?
Je n’en suis pas certain. Il y a vingt ans, la question était normale car le sujet était encore nouveau. Dans notre village d’environ mille habitants, il y avait une vingtaine de vignerons et nous étions les seuls en bio. J’expliquais qu’il s’agissait d’un produit cultivé sans produits de synthèse, sans désherbants chimiques, pesticides ou insecticides non autorisés, avec des produits naturels strictement encadrés.
Aujourd’hui, on me demande encore ce qu’est un vin bio. Les consommateurs savent que c’est un produit plus naturel, mais le cadre reste flou pour beaucoup. Le bio est un label de qualité, comme une reconnaissance apposée sur le produit. Longtemps, le vin a été perçu spontanément comme naturel et noble. Pourtant, surtout dans les appellations prestigieuses, la valeur du raisin conduit parfois à le protéger, voire à le surprotéger. La vigne fait ainsi partie des cultures agricoles les plus traitées.
Le style des vins du Château des Coccinelles
VINEA : Comment définissez-vous les vins produits avec votre équipe ?
Nous sommes soumis à notre terroir et à la réglementation de l’appellation, avec des cépages obligatoires ou autorisés. Dans le sud de la vallée du Rhône, le grenache occupe historiquement une place importante, souvent complété par la syrah, le mourvèdre et des cépages accessoires comme le cinsault ou le carignan.
Le grenache est une usine à sucre et à alcool. Dans notre région méditerranéenne, il apporte beaucoup de rondeur, de gourmandise et de volume en bouche, mais aussi un peu de chaleur. On dit parfois qu’on peut le mâcher tant la matière est présente. La syrah vient contrebalancer cet ensemble avec son acidité, sa fraîcheur et ses tanins, car ses petites baies offrent proportionnellement davantage de peau et de pépins.
Dans notre rouge, nous recherchons la richesse du grenache avec davantage d’élégance. Nous ne voulons pas de vins trop lourds en alcool, en structure ou en tanins, mais plutôt des tanins fondus et un vin plus fin.
Les nouvelles attentes des consommateurs
VINEA : Les consommateurs ont-ils une meilleure culture des terroirs, et leurs goûts ont-ils changé ?
Pour un Français déjà, les appellations peuvent être compliquées, même si les grandes régions sont connues. À l’étranger, on parle souvent davantage en cépages qu’en appellations. Côtes-du-Rhône est une appellation assez vaste, mais les petites appellations et sous-appellations sont plus difficiles à expliquer.
Le blanc se démocratise énormément. La consommation de rouge baisse régulièrement, alors que celle du blanc pourrait doubler dans les années à venir. Le blanc représente aujourd’hui environ 10 % de notre production, mais cette part va croître. Nous plantons de plus en plus de blanc et moins de rouge pour nous adapter.
Les consommateurs disent souvent rechercher des rouges légers. Pourtant, lors d’une dégustation à l’aveugle, ils préfèrent fréquemment un vin plus puissant. Une étiquette annonçant 14,5 degrés peut les effrayer, alors que, sans voir l’étiquette, ils trouvent le même vin bien équilibré et ne ressentent pas sa chaleur. Toute la complexité est là : les gens expriment un souhait, mais peuvent apprécier autre chose.
L’exportation
VINEA : J’ai moi-même découvert le Château des Coccinelles chez un caviste à Casablanca. Que ressentez-vous en voyant que vos vins voyagent plus que vous ?
Cela fait toujours plaisir. En France, le vigneron est respecté et bénéficie d’une belle image ; à l’étranger, c’est encore plus fort. Il est aussi très agréable de se déplacer, d’aider les partenaires sur place et de découvrir d’autres cultures et d’autres manières de déguster et de boire.
Notre part d’export reste relativement faible. Quand je suis arrivé au domaine en 1997, juste avant le grand essor du bio, les bouteilles étaient déjà vendues avant même la récolte. Une conversion biologique demande trois ans à partir de l’arrêt des produits chimiques — autrefois cinq ans. Lorsque la demande a explosé, les nouveaux producteurs ne pouvaient donc pas fournir immédiatement. Nous recevions en août des appels de personnes voulant acheter le vin sans même l’avoir goûté ni avoir négocié le prix.
Nous avons commencé avec les consommateurs les plus proches, en France, et construit des partenariats. L’export est venu progressivement, au fil des rencontres et des salons avec des acheteurs d’Allemagne, des États-Unis ou d’Asie. Nous essayons de ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier : cavistes, restaurateurs, export, vente directe et marchés permettent de répartir les risques.
Les vins préférés de Jean-Baptiste Mangin
VINEA : Quel est votre vin préféré ?
Déjà, c’est du blanc. Vous imaginez le drame de ma vie : je suis dans une région de rouges ! Il y a heureusement de très bons blancs. J’adore le blanc et, si je devais choisir une région, ce serait la Bourgogne, en blanc.
VINEA : Et votre cuvée préférée au domaine ?
Le Château des Coccinelles, tout simplement, sans nom de cuvée supplémentaire. C’est un vin à base de grenache, gourmand, aux tanins fondus et à l’acidité accessible. Il plaît au plus grand nombre et aux nouveaux consommateurs grâce à son côté gourmand. Il n’y a pas de sucre résiduel, mais une sucrosité, une sensation de gourmandise.
J’appelle cela un vin de mariage, parce qu’il accompagne tous les plats et plaît à tout le monde. Plusieurs personnes sont venues successivement en acheter pour leur mariage. Je m’étonnais du nombre de mariages célébrés avec mon vin, et quelqu’un m’a répondu : « C’est ludique, la coccinelle porte bonheur. » C’est vrai : les coccinelles portent bonheur, et le Château des Coccinelles aussi.
Conclusion
VINEA : Merci Jean-Baptiste Mangin. Jean-Baptiste Mangin, vigneron, supervise l’ensemble des opérations, de la production jusqu’à la commercialisation des vins du Château des Coccinelles, domaine viticole bio situé dans la vallée du Rhône, à Domazan, près d’Avignon.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération. Nous nous retrouvons très bientôt pour un nouvel épisode de Vinéa, le podcast, de la vigne à la table.
Fiche technique
Notes - Médailles - Récompenses




Accords mets et vin
Viandes rouges, gibier, grillades.
Service et garde
Les millésimes disponibles
Détails
1.5 l Magnum
(Voir tarifs)
Les coups de cœur des lecteurs
Bravo ! Encore merci pour cette découverte. Un excellent vin.
Très bon service. Nous avons également pu contacter le domaine viticole en France qui nous a confirmé l’envoi à bonne date du colis. Dommage que cela soit un peu long alors que la marchandise est arrivée au Maroc.
Disponibilité
Départ Domaine 24h après confirmation de commande.